Vision économique

Diagnostic économique


La région métropolitaine de Québec pouvait compter en 2012 sur une main-d’œuvre estimée à 422 000 travailleurs pour soutenir son économie. À 5,1 %, son taux de chômage était parmi les plus faibles d’Amérique de Nord, indiquant une situation se rapprochant du plein-emploi.

Malgré la conjoncture internationale difficile, Québec a été très peu affectée par la récession, avec une croissance annuelle moyenne de 2,8 % entre 2006 et 2011, soit plus du double de la moyenne de l’ensemble du Québec et du Canada. Cette avancée lui a permis de gagner en importance relativement à son poids économique au sein du Québec et du Canada.

DÉMOGRAPHIE

MARCHÉ DE L’EMPLOI

STRUCTURE ÉCONOMIQUE

ENTREPRENEURIAT

INTERNATIONALISATION DES ENTREPRISES

INNOVATION

ATTRACTIVITÉ

 

 

DÉMOGRAPHIE

Le vieillissement de la population posera un défi au renouvellement de la population active de Québec : on prévoit qu’elle sera en décroissance pour les 20 prochaines années, soit un saut de 473 000 personnes en 2006 à 441 000 en 2031. Sur la même période, le nombre d’aînés doublera pour atteindre près d’un quart de million, soit 26 % de la population.

PERSPECTIVES DÉMOGRAPHIQUES POUR LA RMR DE QUÉBEC
2006-2031, population en milliers de personnes et TCAC en %



Source : Institut de la statistique du Québec (Perspectives démographiques, édition 2009)



Québec a toutefois fait mieux que les prévisions grâce à la croissance de l’emploi et de l’immigration. En 2011, la population se chiffrait à 765 706 personnes, soit 1,2 % de plus que les 756 500 prévues.

Dans un contexte démographique à faible croissance, l’augmentation de la population passe inévitablement par l’immigration internationale. En 2011, 33 % de la croissance de la population était issue de l’immigration, alors qu’elle était de 23 % en 2001. Bien que cette part reste inférieure à l’apport de l’immigration dans la population d’Ottawa et d’Halifax, Québec est sur la bonne voie. La part d’immigrants dans la population totale est elle-même passée de 2,9 % en 2001 à 5,1 % en 2011 .

Le défi réside davantage dans l’attraction des immigrants puisque le taux de rétention de la ville de Québec, estimé à 85%, demeure supérieur à la moyenne canadienne. Leur intégration au marché du travail pose cependant problème durant leurs premières années : la population immigrante aurait un taux de chômage de 12,7 % plus élevé que la population non immigrante, alors que cet excédant est de 9,6 % à Ottawa et 6,9 % à Halifax.

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MARCHÉ DE L’EMPLOI

Globalement, à 65,7 % le taux d’emploi de Québec a rejoint celui d’Halifax depuis 2011 et diminue tranquillement son écart avec Ottawa. Cependant, des divergences apparaissent lorsqu’on découpe le taux d’emploi en fonction des groupes d’âge dans la population. Le tableau suivant permet de rendre compte des écarts entre les taux d’emploi par groupe d’âge pour un échantillon de RMR. Québec se distingue ainsi par un fort taux d’emploi pour la population de 15 à 44 ans, alors que le constat s’inverse pour les 45 ans et plus.

Le revenu personnel per capita de Québec est passé de 28 402 $ à 40 618 $ entre 2001 et 2011 : sa croissance de 3,6 % en moyenne est supérieure à celle d’Ottawa et d’Halifax ! Une hausse qui lui a permis de dépasser le revenu personnel moyen d’Halifax (2011 : 39 035 $) et de diminuer l’écart avec Ottawa de 18 % à 8 % (2011 : 43 825 $) .

TAUX D’EMPLOI PAR GROUPE D’ÂGE
2012, en %, par région métropolitaine de recensement


Source : Statistique Canada

Le marché du travail de Québec est donc assez dynamique, mais le taux moins élevé chez les 45 ans et plus reflète une (ancienne) économie davantage tournée vers le secteur public et des retraites hâtives.

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STRUCTURE ÉCONOMIQUE

La diversification économique qui est depuis longtemps présente dans le discours économique des grands acteurs fait davantage référence à une moins grande dépendance envers l’état qu’une réelle diversification des secteurs. Vu la taille de la ville de Québec, l’économie gagne au contraire à se spécialiser dans des secteurs de forces et à développer des filières porteuses tout en diminuant la présence du secteur public.

Certains secteurs se démarquent tout particulièrement depuis les 10 dernières années, c’est le cas du secteur des finances et assurances qui voit sa part du PIB passer de 19 % à 23 % entre 2001 et 2011. L’administration publique est quant à elle restée stable à 13 % du PIB. Globalement, le PIB de Québec (en $ constant de 2002) a augmenté de 20,9 G$ en 2001 à 26,4 G$ en 2011, ce qui représente une augmentation annuelle moyenne d’environ 2,4%. Le tableau ci-dessous présente la composition du PIB.

COMPOSITION DU PIB DE LA RÉGION MÉTROPOLITAINE DE QUÉBEC
2001 et 2011, en millions de dollars de 2002




Note : Le secteur Autres services inclut les services personnels, les industries d’information et culturelles, le transport et l’entreposage. Le secteur des services non commerciaux comprend la santé et l’éducation.

Source : Conference Board of Canada

Québec jouit depuis quelques années du développement de secteurs de force comme celui de la Haute technologie et de Finance et assurances. Le secteur Services professionnels scientifiques et techniques dont fait partie la grappe des services de la haute technologie compte à lui seul pour près de 30% de la création d’emploi depuis les 10 dernières années.

Le positionnement des grappes industrielles de Québec montre une forte concentration des emplois dans le secteur Finance et assurances. Les secteurs de haute technologie connaissent la plus forte croissance depuis les 10 dernières années avec un taux de croissance annuel moyen de 6,6% entre 2002 et 2012. Le secteur de l’hébergement et de la restauration est important en termes d’emplois absolus, mais sa croissance est plutôt stagnante depuis les dernières années (0,5%).

POSITIONNEMENT DES GRAPPES INDUSTRIELLES DE QUÉBEC
RMR de Québec, milliers d’emplois, 2002-2012




Note : 1- Il s’agit pour chaque secteur économique du rapport entre sa part de l’emploi dans la RMR de Québec et sa part de l’emploi au Canada. On l’appelle aussi coefficient de spécialisation. Sa formule mathématique est : Coefficient de localisation = (Emploi dans un secteur économique de la RMR/Emploi total de la RMR) / (Emploi dans ce même secteur au Canada/Emploi total au Canada). Un quotient supérieur à 1 indique une spécialisation relative de la RMR de Québec dans le secteur.

Source : Statistique Canada (Enquête sur la population active) et analyse SECOR-KPMG


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ENTREPRENEURIAT

Le fort taux d’emploi chez les 44 ans et moins et le taux de chômage très faible se sont réalisés en dépit de l’entrepreneuriat. En effet, le nombre d’entreprises par rapport à la population est relativement faible à Québec. L’entrepreneuriat de nécessité est faible compte tenu du fort taux d’emploi et l’immigration encore timide prive Québec d’un bassin d’entrepreneurs.

Pourtant, la ville de Québec serait la ville la plus compétitive sur le plan des coûts d’opération dans la catégorie des villes de 500 000 à 1 million d’habitants . Cependant, cette compétitivité est surtout influencée par les faibles salaires et donc ne traduit pas un réel avantage pour Québec.

Un signe prometteur réside dans le niveau des investissements du secteur privé ayant remonté depuis les 15 dernières années, malgré que leur niveau demeure inférieur au Québec et au Canada. Le nombre d’entreprises qui utilisent le levier de la bourse est aussi anormalement bas lorsqu’on tient compte du poids économique de Québec dans le Canada . En 2012, 28 entreprises de Québec étaient cotées en bourse, alors qu’on en dénombrait 49 en 2009, le plus haut sommet atteint jusqu’à présent.

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INTERNATIONALISATION DES ENTREPRISES

Sur la scène internationale, l’ensemble du Québec accuse un retard par rapport au reste du Canada. En effet, la proportion des propriétaires d’entreprises actifs en affaires sur la scène internationale en 2011 était de 13,6% au Québec, alors que cette proportion est de 19,4% pour le reste du Canada .

Ce constat reste vrai pour la région de Québec : en effet, ses entreprises exportent une moins forte proportion de leurs ventes vers l’extérieur du Québec que le reste de la province. En effet, 40,6 % des entreprises de Québec exportent plus de 50% de leurs ventes ailleurs qu’au Québec alors que cette proportion est de 52,2% pour l’ensemble du Québec : un retard qui pourrait nuire à la croissance économique.

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INNOVATION

Québec bénéficie d’un système d’innovation bien présent à travers ses multiples centres de recherche (biotechnologies, optique-photonique, etc.) avec plus de 1 300 chercheurs universitaires et 400 laboratoires, groupes de recherche, consortiums, instituts et centres de recherche . Cependant, les résultats de ces recherches restent mitigés. En effet, si l’Université Laval se classe au 7e rang des universités canadiennes avec 300 M$ investis en recherche, ses recherches s’arrêtent généralement à l’étape de la publication sans toutefois mener à des brevets.

RÉSULTATS DE LA RECHERCHE PAR MILLIARD DE $ DU PIB
2010, nombre de publications et brevets par milliard de $

NOMBRE DE PUBLICATIONS PAR MILLIARD DE $ DU PIB



NOMBRE DE BREVETS PAR MILLIARD DE $ DU PIB


Source : Conference Board of Canada et données du United States Patent compilées par l’Institut de la Statistique du Québec

Selon un sondage réalisé auprès d’entreprises de Québec en 2011, les principales difficultés rencontrées dans les projets d’innovation sont lors de la mise en marché des innovations et dans la gestion du risque . La capacité d’innover et la relève sont vues par les entreprises sondées comme les deux plus grands enjeux à la croissance des entreprises dans les prochaines années.

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ATTRACTIVITÉ

Longtemps, la région de Québec a réussi à préserver une qualité de vie à ses résidents. Le dynamisme économique des dernières années et les changements qui en découlent représentent toutefois une certaine menace à cet acquis.

Ainsi, les dernières années ont vu un recul de l’accessibilité au marché immobilier. Bien que les prix moyens des logements à Québec soient inférieurs aux RMR comparables, le véritable enjeu du marché de l’habitation est l’accessibilité par rapport aux revenus.

L’indice d’accessibilité en 2007 était de 2,5, signifiant qu’il fallait autant années de salaire brut pour payer sa maison en moyenne. L’attrait de l’accession à la propriété s’est détérioré rapidement depuis 2007 : le marché de l’habitation est aujourd’hui moins accessible qu’à Ottawa!

Durant la dernière décennie, on a pu observer une augmentation du nombre de véhicules en circulation à Québec supérieure à la croissance de la population. Entre 2001 et 2011, le nombre de véhicules en circulation à Québec a augmenté de 24,9% pour atteindre 307 176 véhicules, alors que la population a crû de 7,4 %. La hausse de la proportion du nombre de véhicules entraîne une accélération de l’usure des infrastructures routières, une augmentation du temps de déplacement, de la pollution, etc.

INDICE D’ACCESSIBILITÉ DEMOGRAPHIA
2007-2012



Source : Demographia



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