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Stéphanie Huot, directrice générale du Groupe Huot Aviation, posant dans le centre de maintenance de Capitale Hélicoptère à Québec. (Photo, Étienne Campeau)


Stéphanie Huot : sur la piste du paternel


L’attrait de Stéphanie Huot pour l’entreprise familiale ne s’est jamais démenti.

À l’âge de 18 ans, elle parvient à convaincre son paternel, Stéphan Huot, de lui faire une place au sein de l’organisation. Elle devient conseillère en vente et location pour la Société immobilière Huot. «Je ne savais pas à l’époque si j’étais faite pour prendre la relève de mon père.»

Son arrivée correspond à une poussée de croissance de l’entreprise qui diversifiait ses activités : immobilier, construction, transport terrestre, aérien et d’urgence. Aujourd’hui, le Groupe Huot comprend 24 entités réparties dans douze secteurs d’activité. D’une quarantaine en 2011, le nombre d’employés est passé à 500.

«Dans ce contexte d’expansion, j’ai eu la chance d’avoir beaucoup d’espace pour m’exprimer et pour apporter ma couleur à l’organisation», raconte Stéphanie Huot qui a notamment piloté l’ouverture du Complexe Capitale Hélicoptère. «Mon père ne pouvait pas être partout à la fois. Il a dû déléguer des responsabilités».

En 2016, elle est nommée directrice générale du Groupe Huot Aviation. La même année, à la suite de sa participation à un programme de formation de l’École d’Entrepreneurship de Beauce qui lui a permis de mener une profonde introspection, la jeune femme de 30 ans révèle ses plans à son père.

«Je lui ai dit que j’avais vraiment une vocation d’entrepreneure et que, par-dessus tout, je voulais faire équipe avec lui. Le Groupe Huot, c’est son bébé. Nous lui avons dit que nous voulions qu’il demeure présent au sein de l’entreprise le plus longtemps possible.»

Avec son frère Karl-Anthony et deux gestionnaires clés de l’entreprise, Stéphanie Huot est engagée dans un processus de transfert graduel de propriété de l’entreprise familiale.

Selon Mme Huot, les échanges avec son père se font «naturellement». Sans brusquerie. Sans précipitation. «La communication est la clé du succès. Il faut être capable de se parler franchement et toujours chercher à bâtir des ponts.»
Se préparer à prendre la relève du grand patron ne correspond pas nécessairement à une promenade dans un jardin de roses.

«Il y a des périodes de doute et de remise en question. Des sentiments qui sont normaux dans une démarche de relève. Tu t’interroges sur la manière avec laquelle tu dois faire ta place. Moi, j’avais l’impression qu’il fallait à tout prix que je me fasse aimer par tout le monde. C’est impossible. J’ai aussi compris que pour tirer le meilleur de chaque personne, il fallait plutôt chercher à les mobiliser plutôt que les diriger.»

Tout en occupant ses fonctions de directrice générale du Groupe Huot Aviation, Stéphanie Huot ne rate jamais une occasion d’accroître ses compétences en participant à des formations spécialisées touchant les finances, la gouvernance, la transformation numérique et la gestion du changement dans les organisations.

Les propriétaires s’accrochent

Éric Dufour et Richard Quinn ne devraient pas se tourner les pouces au cours des prochaines années. Le premier est vice-président associé chez Raymond Chabot Grant Thornton. Le second est directeur principal Transfert d’entreprise chez Desjardins. Au fil des années, ils ont accompagné de centaines des vendeurs et d’acheteurs d’entreprises.

Selon un rapport publié en septembre 2017 par la BDC, 40 % des entrepreneurs se retireront probablement de leur entreprise d’ici 2022.

Le mot important à retenir ici est «probablement».

«Les propriétaires tardent à amorcer leur processus de vente ou même encore à en parler», déplore Richard Quinn. «Comment réussiront-ils à attirer et la relève le moment venu ? Surtout que la situation actuelle de plein emploi fait en sorte que ceux qui pourraient devenir d’excellents repreneurs se font offrir des opportunités en or sur le marché de l’emploi.»

«Les propriétaires ne veulent pas lâcher les rênes et ce n’est pas seulement pour une question d’argent ou d’iniquité fiscale pour ceux qui vendent à leur progéniture», ajoute Éric Dufour. «C’est profondément humain. Ils ont passé toute leur vie à prendre des décisions. Alors, ils s’accrochent. Ils trouveront toujours une raison pour ne pas vendre.»

C’est pourquoi l’accompagnement dans une démarche de transfert «progressive» et «intégrale» ne traitant pas seulement des facteurs financiers mais aussi humains est proposé par Raymond Chabot Grant Thornton et Desjardins.